La peinture en poudre a déjà un bon dossier environnemental : pas de solvant, peu de perte. Les fabricants s’attaquent maintenant à la poudre elle-même, c’est-à-dire à ce qu’elle contient et à ce qu’elle devient une fois perdue.
Des bouteilles dans la résine
Le polyester d’une poudre est un cousin chimique du plastique des bouteilles, le PET. Sherwin-Williams a ouvert la voie en 2020 avec Powdura ECO, dont la résine contient jusqu’à 25 % de plastique recyclé. En mai 2025, PPG a lancé Enviroluxe Plus, qui contient jusqu’à 18 % de PET recyclé et dont l’empreinte carbone annoncée est jusqu’à 30 % plus faible que celle d’une poudre durable ordinaire. Les fournisseurs de résines Arkema et allnex annoncent de leur côté des teneurs pouvant atteindre 40 à 50 %.

Sans PFAS et sans TGIC
Les PFAS, ces composés fluorés persistants, entrent dans certaines poudres surtout par les additifs de texture à base de PTFE, explique Powder Coated Tough. Des fabricants proposent des formulations sans PTFE depuis 2023. Autre changement de fond : le TGIC, un durcisseur des polyesters soumis à un étiquetage strict en Europe, cède la place. TIGER Drylac remplace deux de ses séries au TGIC par des formulations sans TGIC.
Que devient la poudre perdue?
C’est le point faible. Selon une estimation citée par Products Finishing, jusqu’à deux milliards de livres de poudre finiraient à l’enfouissement chaque année dans le monde. Le chiffre n’est pas vérifié, mais l’ordre de grandeur explique l’apparition de recycleurs qui refondent la poudre perdue pour en faire une nouvelle.
Un marché en croissance
Ces efforts suivent l’argent. La firme MarketsandMarkets évalue le marché mondial des peintures en poudre à 16,3 milliards de dollars américains en 2025 et prévoit 23 milliards en 2031. D’autres firmes donnent des chiffres différents; retenons la direction plus que le montant. À noter aussi : les teneurs en matière recyclée et les réductions d’empreinte sont des chiffres de fabricants, formulés avec un « jusqu’à ».
En résumé
- Des poudres contiennent déjà jusqu’à 25 % de PET recyclé, et des résines en promettent jusqu’à 50 %.
- Les additifs au PTFE et le durcisseur TGIC sont en voie de remplacement.
- La poudre perdue reste surtout enfouie, mais des recycleurs apparaissent.
- Le marché mondial dépasse 16 milliards de dollars américains et croît.

